Un autre regard, directement dans ta boite mail
Dans cet espace, tu trouveras :
• des histoires derrière les images
• des réflexions sur la singularité
• des projets en cours et à venir
Un espace plus intime, pour aller au-delà des images.
9%.
Un chiffre. Une approximation.
Une manière de nommer ce qui échappe à la norme.
Ce projet est né d’un sentiment simple : celui d’être à côté.
Pas complètement en dehors, mais jamais totalement dedans.
Être minoritaire, ce n’est pas seulement être peu nombreux.
C’est apprendre à exister dans un cadre qui ne nous reflète pas.
À travers cette série, je ne cherche pas à définir une identité.
Je cherche à rendre visible une sensation.
Celle du décalage.
Celle de l’adaptation permanente.
Celle d’exister sans jamais être tout à fait attendu.
Les couleurs de l’arc en ciel traversent les images comme un fil conducteur.
Elles évoquent ma vie, ma construction, ma personnalité.
Des couleurs qui me composent.
Chaque image fonctionne comme un fragment.
Ni démonstratif, ni explicatif.
Une présence, un geste, une situation.
Ensemble, elles composent un récit ouvert :
celui qui compose mes facettes singulières,
tout en faisant partie du monde.
9% Singulier n’est pas une série sur les autres.
C’est une tentative de comprendre ce que veut dire être soi,
dans un espace qui nous définit d’abord comme différent.
Cette citation reprise par Paul Éluard montre les visions multiples d’un même monde.
Pour qui appartient à la majorité, la singularité reste bien souvent invisible. Pourtant, nos existences rencontrent chaque jour des regards, des voix, des façons d’être qui montrent mille manières d’habiter le monde. Depuis toujours, je suis attentif à ces nuances qui tissent, dans le silence parfois, la richesse de notre société.
Observer, écouter, donner de l’espace à celles et ceux que l’on entend peu : c’est comme cela que l’on élargit notre regard, que l’on apprend vraiment à connaître le monde et à le comprendre, au-delà de nos évidences.
Je vous invite à adopter un regard différent, celui d’un homme qui, bien qu’inscrit dans la « norme », perçoit la vie à travers les yeux d’une personne minoritaire.
Mon expérience personnelle — être gay, me sentir souvent à part — m’a appris qu’une des vraies richesses de notre société réside dans ses nuances, ses dissonances, ses visages invisibles.
À travers les couleurs du drapeau des fiertés, je vous propose de voyager dans mes émotions, mes interrogations, mes certitudes fragiles. Chaque image en couleur marque un élément de ma vie. Elle trouve à son verso une réaction, une émotion ou une facette qui m’a construit.
Plus qu’un simple parcours, c’est une invitation colorée à regarder autrement celles et ceux qui ne cochent pas toutes les cases de la majorité, à s’interroger sur la place que nous leur accordons, à reconnaître que derrière chaque différence se cache une histoire, un espoir, la promesse silencieuse d’un monde plus vaste.
Yoann Richaud
Ce vieux tracteur, c’est plus qu’un engin dans un hangar de la ferme de mes grands-parents.
C’est le symbole qui m’a fait comprendre que, pour être dans
le groupe, il fallait montrer de la force, aimer le bruit, le risque et la mécanique.
Et je me souviens très bien de ce petit garçon, apeuré devant
cette grosse machine sur laquelle tout le monde voulait me faire monter. Moi, j’étais attiré par le calme, le subtil.
Alors, j’ai appris à composer avec un monde où la sueur, les muscles et la performance sont souvent la clé. J’ai appris à manier les outils,
à courir vite, à serrer les dents, parfois même avec plaisir.
Mais je n’ai pas envie de crier pour exister.
Ma virilité n’est pas celle qui prédominait, c’est celle que j’ai construite.
Et elle commence là : par l’assurance tranquille d’être moi-même.
La musique, mon refuge, un endroit immobile où je peux enfin
poser mon esprit, comme on s’allonge dans un fauteuil après
une journée trop chargée.
Quand tout autour est trop rapide, trop bruyant, trop dur à comprendre, je m’y glisse pour me détacher du monde, pour respirer autrement.
Je me laisse guider par l’univers d’un·e artiste, je me perds dans
ses paroles, ses choix de sons.
Chaque morceau devient comme un antidote : je choisis ce que j’écoute en fonction de ce que je ressens.
C’est un espace de pause, mais pas un vide.
Au contraire, c’est là que je me reconnecte à moi.
Et quand la musique a fait son travail, je suis prêt à rouvrir les yeux.
Il y a des goûts qui réconfortent, tels des gestes.
Le beurre, le sucre, la mie tiède d’une brioche, la croûte d’un croissant… Ce sont des plaisirs simples, mais ils savent parler au corps quand l’émotion a besoin de se poser.
Ces goûts-là, je les associe à des souvenirs, à des instants de calme,
à cette sensation rare de perfection éphémère.
Le beurre, surtout.
Fondant, rond et doux, il s’installe en bouche avec une tendresse épaisse et enveloppante. Il arrondit les angles, glisse lentement sur les papilles et réveille une sensation de plénitude immédiate.
Quand il est dans une tarte, une pâte feuilletée, un gâteau généreux,
il devient texture, douceur et réconfort.
C’est un goût qui ne se discute pas, il se ressent.
C’est une tendresse au bout des doigts, quand les mots ne suffisent pas.
Le 100 % pur beurre sait me faire du bien..
Ce paysage, c’est celui de ma Haute-Loire natale.
Un coin du Velay un peu isolé, mais justement riche de cette différence, comme ceux qui y vivent, attaché·es à leurs repères, à leur rythme.
Là-bas, la nouveauté prend le temps de se confronter aux valeurs profondes avant d’être adoptée. On observe, on laisse aux choses
le temps de faire leurs preuves.
J’y ai grandi, entouré de volcans assoupis et de silences apaisants.
La chaleur humaine s’exprime par les gestes, par la discrète attention
à l’autre. Les émotions ne se disent pas toujours, mais elles se montrent par des actes. Et cela suffit pour qu’on les sente bien présentes.
Ce que j’aime dans ces terres, c’est qu’elles ont connu la fureur, la lave, les secousses, et qu’elles les ont transformées en une douceur vallonnée.
Les sucs dessinent des courbes rassurantes, une force devenue calme.
Un paysage qui a su faire de l’intensité brute, une beauté tranquille.
Je n’arrête jamais de penser.
Tout s’observe, tout s’analyse. Je vois les enchaînements, les causes,
les conséquences. J’anticipe. Je prépare. Mon cerveau déplie chaque idée comme un plan, même quand je ne le demande pas.
Je retiens des textes sans y penser, des chiffres sans vouloir
les apprendre et des mois plus tard, ils sont encore là. Inutiles parfois, mais profondément ancrés. Comme si mon esprit faisait du tri à sa façon, gardant ce qu’il juge essentiel.
Cette mécanique est la même pour tout.
J’ai besoin de comprendre le sens des choses. Tant que je ne le saisis pas, je reste bloqué. Je ne peux avancer que si j’en vois l’utilité.
Et puis parfois, un projet s’impose. Il m’attrape tout entier. Il me tient
à cœur, il devient une obsession : tout mon mental se tourne vers lui.
Plus rien n’existe autour. Je suis dedans jusqu’à ce que ce soit fini.
Et seulement là, je respire à nouveau.
Un mode de pensée intense, épuisant, que je n’échangerai pour rien.
Je pourrais encore parler de moi, mais ici, j’ai choisi de parler de tolérance.
La sexualité tout comme le genre, on les attribue trop vite ; on les réduit souvent à des cases sans jamais les interroger.
Hétéro, homo, bi, pan, asexuel·le et trans, cis, non-binaire, fluide…
Des mots qui rassurent certain·es, qui enferment d’autres.
Mais derrière chaque mot, il y a une histoire, un vécu, un corps
qui apprend à se connaitre.
La sexualité est intime et ne devrait pas être un sujet de gêne ni
de jugement.
Ce n’est ni un spectacle ni un test. C’est une exploration libre, consentie et mouvante.
Je ne veux pas convaincre.
Laissons-nous la place d’exister, d’aimer et de ressentir.
Il n’est pas nécessaire de tout comprendre pour respecter.
D’aussi loin que je me souvienne, je me suis retrouvé dans les marges.
Dès qu’on formait un groupe, ou dès qu’une discussion s’engageait, selon un critère : taille, main dominante, prénom, région d’origine, orientation sexuelle, groupe sanguin… J’étais rarement dans la majorité.
Toujours dans les 5 à 10 % et même parfois seul.
Cela forge une manière de regarder le monde, un peu à part. Quand
on est minoritaire à répétition, on finit par développer un regard attentif sur ce qui n’est pas évident pour les autres. On prend conscience
qu’il existe plusieurs mondes dans un même monde.
À un moment de ma vie, j’ai ressenti le besoin de marquer
cette différence. Non pas pour me séparer, mais pour l’assumer.
Alors j’ai choisi les baskets roses.
Comme un clin d’œil, comme un signe, sans explication.
Parce qu’on peut être différent, et que cela peut être beau.
Rêver, contempler, m’émerveiller… c’est ainsi que je vis.
Il y avait ce nuage… On roulait dans la campagne japonaise et d’un coup il a surgi. Suspendu, en spirale, comme une porte vers ailleurs.
J’ai décroché de la route, de la réalité, et mon esprit est parti loin,
très loin comme il le fait souvent. Guidé par les courbes, la texture et
ce tourbillon de douceur, je navigue mentalement, explorant des univers insoupçonnés.
Rêver est un voyage immobile. C’est quitter le présent quelques instants pour plonger dans un monde que je ne maîtrise pas, mais qui me nourrit. Un monde intérieur, fertile, où les idées germent, où
les étincelles jaillissent, où les projets prennent vie ou se décantent sans faire de bruit.
J’imagine, je connecte, je réinvente. Rêver, ce n’est pas fuir.
C’est ma manière d’habiter le monde.
Un jour j’ai arrêté de lutter contre moi.
J’ai fermé les yeux, non pour fuir mais pour me recentrer.
J’ai cessé de vouloir correspondre, et j’ai commencé simplement à m’habiter.
Je suis un mélange de souvenirs et d’élans, de passions, de doutes et de curiosités, de tout ce qui m’a appris que le monde est vaste, divers et profondément riche. Peu à peu, j’ai compris que j’avais le droit d’exister, exactement comme je suis.
Tous ces objets, là, au sol, ne sont pas là pour enjoliver. Ce sont mes repères, mes racines, les témoins discrets de ce qui
m’a porté, consolé, aidé à me construire.
Il ne s’agit plus de devenir quelqu’un d’autre.
Il s’agit d’accueillir celui que je suis, avec tendresse.
C’est une sensation douce que celle d’être bien dans sa peau.
Dans cet espace, tu trouveras :
• des histoires derrière les images
• des réflexions sur la singularité
• des projets en cours et à venir
Un espace plus intime, pour aller au-delà des images.